Les pommiers en fleur à l'Institut

Philosophie de soins

Notre philosophie de soins vise l’amélioration continue des pratiques cliniques et organisationnelles en vue d’atteindre la meilleure efficience possible des soins et services dans un contexte sécuritaire. La grande majorité des personnes qui requièrent nos services ont un statut de détenu ou de prévenu lorsqu’ils nous sont référés. C’est pour leur permettre d’avoir accès à des soins et des services de santé que nous exerçons, par mandat de dépôt, un mandat de détention avec les charges, devoirs et pouvoirs inhérents.

 
La philosophie de soins est basée sur la primauté de la personne. À cet effet, l’IPPM s’est engagé avec enthousiasme dans une démarche d’amélioration de l’expérience de soins et la qualité de vie des personnes utilisatrices de services et des membres de leur entourage, tout en contribuant au rehaussement de la qualité de l’environnement de travail dans l’établissement. Cette démarche s’inspire notamment du Plan d’action en santé mentale 2015-2020.
 
Nous avons mis en place les conditions permettant l’élaboration, la mise en oeuvre et le suivi d’un plan d’amélioration de la qualité axé sur la primauté de la personne. Les différentes activités sélectionnées et réalisées découlent des thèmes de la primauté de la personne, soit :
 
  1. le respect des droits des usagers;
  2. la lutte contre la stigmatisation et la discrimination au sujet de la maladie mentale et de la judiciarisation;
  3. la mise en place et le maintien de soins et de services axés sur le rétablissement;
  4. la reconnaissance et le soutien de l’implication des membres de l’entourage et la participation active du patient et de membres de son entourage à la planification et à l’organisation des services.
La vision que nous adoptons à l’égard des patients et de la pratique clinique contemporaine repose sur une relation de partenariat qui consiste pour le patient à jouer un rôle actif, en respectant ses droits, devoirs et capacités. Cette vision s’articule évidemment dans un contexte de soins sous contrainte légale à l’intérieur d’un établissement sécuritaire de santé.
 
En raison des obligations en lien avec les mandats de détention, certaines mesures de protection, de contrôle ou de restriction de liberté se justifient par une assurance que le patient est en sécurité lors de son cheminement thérapeutique. Ces mesures doivent aussi garantir aux intervenants qui partagent le quotidien des patients un cadre sécurisant, dans une gestion des risques éprouvée par la compréhension des dynamiques cliniques. Ce n’est qu’à ces conditions que peut se développer une relation d’aide réelle entre des personnes ayant besoin de soins, au potentiel de violence élevé et des cliniciens qui les accompagnent dans une démarche clinique. La restriction des libertés dans ce contexte, loin d’être la finalité de notre mandat, n’est qu’une condition préalable, un moyen de la mise en relation.
 
Notre mission, notre vision et nos valeurs étant bien établies, les principes qui ont guidé l’élaboration du projet clinique et académique sont les suivants :
  • le projet clinique vise à soutenir le patient dans son rétablissement et le plein exercice de sa citoyenneté;
  • le projet clinique s’inscrit dans un modèle de hiérarchisation des services;
  • les orientations cliniques sont basées sur les meilleures pratiques connues en matière de psychiatrie-justice;
  • le projet clinique favorise une vision intégrée des programmes offerts par l’établissement et le travail interdisciplinaire pour offrir les services;
  • la réalisation du projet clinique repose sur des ressources humaines qualifiées, valorisées et en nombre suffisant;
  • l’intégration de l’enseignement et de la recherche dans le milieu des soins, ainsi que le développement des connaissances scientifiques en psychiatrie légale font partie du projet clinique. La Direction de la recherche et de l’enseignement universitaire devra soutenir l’évaluation des pratiques cliniques et leur impact sur la clientèle dans un modèle optimal de performance, pertinence, qualité et sécurité de soins ainsi que d’efficience et d’efficacité;
  • le projet clinique et le modèle d’organisation retenus s’appuient sur un partage clair des rôles entre les établissements du réseau de la santé, ceux de la sécurité publique et les tribunaux.

 

Activités liées à la vocation ultraspécialisée de l’établissement
La mission ultraspécialisée et la vocation universitaire de l’établissement lui confèrent un rôle et des responsabilités qui lui sont propres. L’IPPM voit notamment à :
  1. l’évaluation en vue d’une désignation de délinquants dangereux ou à contrôler;
  2. l’évaluation, la garde et le traitement des accusés reconnus non responsables criminellement dont ceux déclarés à haut risque;
  3. l’évaluation, la garde et le traitement des accusés déclarés inaptes à subir leur procès ou non responsables criminellement soumis à une décision de détention stricte en raison du risque très élevé qu’ils représentent pour la sécurité publique;
  4. l’évaluation, la garde et le traitement des accusés adultes ou adolescents soumis à une ordonnance d’évaluation ou de traitement de leur état mental et qui présentent un risque très élevé pour la sécurité publique ou un tableau clinique très complexe (comorbidités, itinérance, délinquance sexuelle, etc.);
  5. l’enseignement et l’offre de milieux de stages en psychiatrie légale (surspécialité en psychiatrie);
  6. la production de recherches en psychiatrie – justice-sécurité publique;
  7. la gestion de la violence;
  8. le développement d’activités de transfert de connaissances pour partager le savoir et soutenir l’évolution des pratiques.